Les démarches de séparation d’un couple non marié dépendent d’un seul point : le statut. Un couple pacsé doit déclarer la dissolution de son pacs à la mairie ou chez le notaire qui l’a enregistré, par une déclaration conjointe ou par la décision d’un seul des partenaires, signifiée par un commissaire de justice. Un couple en concubinage n’a aucune formalité de rupture à accomplir. Dans les deux cas, il reste à prévenir la CAF, les impôts, le bailleur ou la banque, et à organiser la vie des enfants. Les couples mariés relèvent du divorce ou de la séparation de corps.
Séparation hors mariage : ce que change votre statut de couple
Le pacs est un contrat enregistré : il se termine par un acte, qui doit être déclaré à l’autorité qui a reçu l’enregistrement. Le concubinage est une union de fait : il cesse dès que la vie commune s’arrête, sans acte ni juge.
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Cette différence commande l’ordre des démarches. Un pacsé commence par la dissolution du pacs, puis traite le logement et les organismes. Un concubin passe directement au logement et aux organismes, en conservant de quoi prouver la date de la séparation.
Les époux suivent une autre voie, décrite dans les démarches d’une procédure de divorce. Cet article ne la reprend pas.
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Dissoudre un pacs : déclaration conjointe ou décision d’un seul partenaire
Quand les deux partenaires sont d’accord, ils remettent ensemble une déclaration conjointe de dissolution à la mairie ou au notaire qui a enregistré leur pacs. Un formulaire officiel existe sur le site de l’administration, mais l’essentiel est que la déclaration montre clairement la volonté commune de mettre fin au pacs.
Quand un seul partenaire veut rompre, il fait signifier sa décision à l’autre par un commissaire de justice, qui transmet ensuite l’acte à l’autorité d’enregistrement. L’autre partenaire est ainsi informé de façon certaine, même s’il refuse de coopérer.
La dissolution produit ses effets entre les partenaires à partir de son enregistrement, et envers les tiers une fois les formalités de publicité accomplies. Le coût dépend de la voie choisie : la mairie, le notaire et le commissaire de justice ne facturent pas de la même manière, et il vaut mieux demander le tarif avant de choisir.

Fin d’un concubinage : aucune formalité, mais des preuves à garder
Aucun acte ne met fin à un concubinage. Pourtant, la CAF, le bailleur ou un assureur peuvent demander de prouver que la vie commune a cessé.
Une attestation sur l’honneur de séparation, signée par les deux concubins ou par l’un d’eux, sert de point de départ. Elle n’a pas de valeur juridique par elle-même, d’où l’intérêt de la compléter avec des pièces qui datent le changement :
- un nouveau bail ou une quittance de loyer à une autre adresse, qui montre que chacun vit désormais dans son logement ;
- une facture d’énergie ou d’internet au nouveau domicile, utile quand le déménagement n’est pas encore officiel ;
- un courrier du bailleur ou de la banque qui acte le départ de l’un des deux.
Un concubin ne peut pas mettre l’autre dehors de son propre chef si le logement est loué à leurs deux noms ou appartient aux deux. Si le bail n’est qu’au nom d’un seul, la situation diffère, et mieux vaut un accord écrit sur la date du départ.
Logement commun : bail, maison achetée ensemble et compte joint
Pour un logement loué, celui qui part envoie un congé au bailleur, et le bail peut être transféré au nom de celui qui reste. Les partenaires pacsés restent solidaires du loyer, et cette solidarité peut se prolonger après le départ de l’un d’eux : il faut donc régler le sort du bail par écrit avec le bailleur, sans se contenter d’un départ de fait. Pour savoir qui garde le toit en cas de désaccord, voir qui reste dans le logement.
Pour une maison achetée ensemble, le bien appartient aux deux en indivision. Trois issues existent : l’un rachète la part de l’autre, le bien est vendu et le prix partagé, ou l’indivision est maintenue pour un temps. Le rachat suppose en général un nouveau financement, donc un échange avec la banque et le notaire.
Le compte joint se clôture ou se transforme en compte individuel. Tant qu’il reste ouvert, chacun peut le vider, et les deux titulaires répondent d’un éventuel découvert : mieux vaut le clore dès que les virements automatiques ont été redirigés.
CAF, impôts, assurances : déclarer le changement de situation
La CAF doit être prévenue sans attendre un document officiel. La déclaration se fait dans l’espace personnel en ligne, et la situation de couple prend fin dès que la communauté de vie cesse. Un retard peut conduire à rembourser des prestations perçues à tort.
Pour les impôts, la rupture d’un pacs ou la fin d’une vie commune change la façon de déclarer les revenus. Le changement de situation se signale à l’administration fiscale depuis l’espace particulier, dans le délai qu’elle indique, et les partenaires pacsés déposent des déclarations distinctes pour l’année de la dissolution.
Restent les contrats : mutuelle, assurance habitation, assurance emprunteur et bénéficiaires d’une assurance vie sont à mettre à jour, car un ex-partenaire peut rester inscrit longtemps sans que personne ne le remarque.

Enfants : autorité parentale, résidence et pension alimentaire
La séparation ne change pas l’autorité parentale conjointe, qui existe pour les deux parents quand la filiation est établie envers chacun. Les décisions importantes concernant l’enfant restent donc partagées.
Les parents décident ensemble de la résidence de l’enfant, des temps chez chacun et de la pension alimentaire. Quand ils s’accordent, ils peuvent faire homologuer leur convention par le juge aux affaires familiales, ce qui lui donne force exécutoire. La logique ressemble à celle d’un divorce par consentement mutuel, avec une différence : les parents non mariés n’ont pas d’acte de mariage à dissoudre, seulement l’organisation de la vie de l’enfant à fixer.
En l’absence d’accord, le juge aux affaires familiales tranche, saisi par l’un des parents. Une médiation familiale peut aider avant d’en arriver là, et les organismes d’aide aux familles orientent vers un médiateur.
Garder une trace écrite de chaque accord sur les enfants, la date de séparation et le sort du logement évite la plupart des litiges ultérieurs, car chacun des trois sujets finit par être réclamé par un organisme ou par l’autre parent.

